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Laugmentation sensible de l'âge au décès
a conduit au vieillissement de la population. Au cours de la période
1993-1995, la moitié des personnes décédées
en France avaient plus de 80 ans. De ce fait, les statistiques des causes
de décès sont de plus en plus le reflet de la mortalité
aux très grands âges, ce qui limite leur utilisation pour
évaluer les besoins de prévention. Dans ce but, il est
préférable de s'intéresser non pas à l'ensemble
de la mortalité, mais seulement aux décès survenant
avant 65 ans.
Lespérance de vie à la naissance dépassant
en France 72 ans chez les hommes et 80 ans chez les femmes, les décès
survenant avant 65 ans sont par convention considérés
comme prématurés.
Durant les années 1993-1995, les décès prématurés
ont concerné environ 119 000 personnes chaque année en
France, soit 23% de l'ensemble des décès. Cette proportion
est deux fois plus élevée chez les hommes (31%) que chez
les femmes (14%).
Par rapport à de nombreux pays comme le Royaume-Uni, la Suède,
l'Italie, les Pays-Bas, le Japon... la mortalité prématurée
est plus forte en France et cette surmortalité tend à
s'accentuer depuis une vingtaine d'années, et ce surtout pour
les hommes.
Quatre grands types de causes sont à l'origine de 80% de la mortalité
avant 65 ans. Il s'agit des tumeurs (37%), des accidents et autres morts
violentes (20%), des maladies cardio-vasculaires (14%) et des décès
directement attribués à une consommation excessive d'alcool
(alcoolisme, psychose alcoolique, cirrhose du foie : 6%). Si l'on se réfère
à la liste des causes de décès évitables établie
dans le cadre d'une action concertée européenne et complétée
par le Service d'information sur les causes médicales de décès
de l'INSERM, plus de la moitié des décès survenant
avant 65 ans sont dus à des causes dont la maîtrise ne nécessiterait
généralement ni connaissance médicale supplémentaire,
ni équipement nouveau. Une large partie de ces décès
pourrait être évitée par une modification des comportements
individuels (par exemple pour les décès par cancer du poumon),
les autres par une intervention adaptée et plus efficace du système
de soins (par exemple pour le sein). |
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Une mortalité
prématurée inférieure à la moyenne
française |
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Entre
1993 et 1996, plus de 770 personnes de moins de 65 ans sont
décédées chaque année dans la
Drôme, dont 70% dhommes. Les décès
prématurés représentent 20% de lensemble
des décès. La proportion est plus forte chez
les hommes (26%) que chez les femmes (12%).
Après élimination de leffet de la structure
par âge de la population, la mortalité prématurée
apparaît plus faible dans la Drôme qu'en France,
aussi bien chez les hommes que chez les femmes : le taux comparatif
de mortalité chez les hommes (298 décès
pour 100 000 hommes de moins de 65 ans) est inférieur
de 12% au taux national, et le taux féminin (126 décès
pour 100 000) inférieur de 10%. |
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Taux
comparatif de mortalité avant 65 ans en 1993-96 (pour
100 000) |
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Le taux comparatif
de mortalité, ou taux standardisé
direct, est défini comme le taux que lon
observerait dans le département si celui-ci avait
la même structure par âge que la population
de référence (ici la population française
estimée au 1er janvier 1995, les deux sexes confondus).
Les taux comparatifs éliminent les effets de
structure par âge et autorisent les comparaisons
entre deux périodes, entre les deux sexes et
entre territoires différents.
Sources : INSERM SC 8, INSEE (estimations) |
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Un taux comparatif
de mortalité en baisse chez les hommes |
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Conformément
à la tendance nationale, la mortalité prématurée
diminue chez les hommes de manière continue depuis
de nombreuses années. Le taux comparatif a connu une
baisse de 6,5% entre 1988-91 et 1993-96.
En revanche, ce taux demeure pratiquement inchangé
chez les femmes, aux alentours de 116 décès
pour 100 000, alors que la mortalité prématurée
baisse au niveau national. |
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Evolution
des taux comparatifs de mortalité avant 65 ans entre
1988-91 et 1993-96 |
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Sources : INSERM SC 8, INSEE (estimations) |
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Les tumeurs représentent
36% des décès prématurés |
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Les
tumeurs sont la cause la plus fréquente dans les décès
prématurés. Elles représentent 36% des
décès avant 65 ans.
Les traumatismes et empoisonnements (accidents, suicides...)
sont la deuxième cause de mortalité prématurée,
suivis des maladies de lappareil circulatoire puis des
causes liées à lalcoolisme.
La répartition des causes principales de décès
prématurés est différente de celle des
décès survenus à partir de 65 ans.
Chez les moins de 65 ans, les décès prématurés
directement attribués à lalcoolisme pèsent
5 fois plus dans la mortalité ; les traumatismes et
empoisonnements 4 fois plus, et les tumeurs 1,5 fois plus.
En revanche, les maladies de lappareil circulatoire
ont une part deux fois plus importante dans les décès
des 65 ans et plus que dans les décès prématurés. |
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Répartition
(en %) des causes de décès selon lâge
dans la Drôme en 1993-1996 |
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Sources
: INSERM SC8, INSEE (estimations)
* y compris psychose alcoolique et alcoolisme |
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Plus de 50%
des décès prématurés sont évitables |
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Dans les conditions
sanitaires et sociales françaises, 56% des décès
prématurés masculins et 50% des décès
prématurés féminins survenus dans la
Drôme peuvent être considérés comme
évitables (voir encadré ci-dessous).
Chez les hommes, ces actions devraient dans plus de
trois quarts des cas porter sur une modification des comportements
à risque (tabagisme, alcoolisme, conduite automobile).
Chez les femmes, il sagit le plus souvent (52%
des cas) daméliorer lefficacité
du dépistage et de la prise en charge par le système
de soins.
Cette différence est très marquée dans
le cas des cancers.
Chez les hommes, 94% des décès évitables
par cancers sont liés à une consommation excessive
dalcool et/ou de tabac.
Leur diminution repose donc sur une modification des facteurs
de risque individuels. Chez les femmes, la situation est inverse
: 78% des décès évitables par cancers
pourraient être prévenus par une prise en charge
plus efficace du système de soins, en particulier les
actions de dépistage des cancers du sein et de lutérus. |
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Répartition
des causes de décès selon lâge dans
la Drôme en 1993-1996 |
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Sources : INSERM SC8, INSEE (estimations) |
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Répartition
(en %) des décès évitables
selon le type dactions pour les prévenir dans
la Drôme en 1993-1996 |
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Sources : INSERM SC8
Exploitation FNORS, ORS |
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Répartition
(en %) des cancers évitables selon le type
dactions pour les prévenir dans la Drôme
en 1993-1996 |
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Source : INSERM SC8
Exploitation FNORS, ORS |
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Définition
Certaines causes de décès à
l'origine de la mortalité prématurée
peuvent être considérées comme
"évitables", c'est-à-dire
qu'en l'état actuel des connaissances médicales
et compte-tenu des capacités de prise en
charge du système de soins français,
elles ne devraient pas entraîner de décès
avant 65 ans. La liste des causes de décès
évitables utilisée dans ce document
a été établie par la FNORS
sur la base de travaux européens et de
ceux menés par le Service d'information
sur les causes médicales de décès
de l'INSERM. Basée sur la liste "S9"
de l'INSERM, elle inclut les décès
avant 65 ans par typhoïde, tuberculose, tétanos,
Sida, cancer de la cavité buccale et du
pharynx, de l'oesophage, du larynx, de la trachée,
des bronches et du poumon, de la peau, du sein,
de l'utérus,
maladie de Hodgkin, leucémie, psychose
alcoolique et cirrhose du foie, cardiopathies
rhumatismale chronique, maladie hypertensive,
cardiopathie ischémique, maladie vasculaire
cérébrale, grippe, asthme, ulcère,
mortalité maternelle, accident de la circulation,
chute accidentelle et suicide.
Les décès "évitables"
peuvent se subdiviser en deux groupes selon les
modalités d'actions capables d'en diminuer
la fréquence. Le premier groupe distingue
les décès qui pourraient être
évités essentiellement par une action
sur les facteurs de risques individuels, par exemple
décès par cancer du poumon ou accident
de la circulation. Le second groupe comprend les
décès évitables principalement
grâce à une meilleure prise en charge
par le système de soins (y compris dans
le cadre d'actions de dépistage), éventuellement
renforcée par une action sur certains comportements
individuels, comme les décès par
tuberculose ou cancer du sein. |
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