FICHE SANTÉ
réalisée par l'Observatoire Régional
de la Santé (ORS), avec le soutien du Comité d'Hygiène
Sociale et la participation des partenaires
de santé publique de la Drôme.
En France comme dans tous les pays développés,
les affections cardio-vasculaires occupent une place prépondérante
dans la mortalité et la morbidité. Elles constituent la
première cause de décès (plus de 170 000 décès
par an), le troisième motif d'hospitalisation (10% des séjours
hospitaliers de soins de courte durée), le premier motif d'admission
en affection de longue durée (255 000 admissions chaque année).
Depuis une vingtaine d'années, la mortalité due à
ces affections diminue. Cette baisse est surtout liée à
celle des décès par accidents vasculaires cérébraux
(-29% en dix ans) devenus moins fréquents que les décès
par infarctus du myocarde (-13%).
La mortalité par maladies cardio-vasculaires varie beaucoup selon
les pays. Actuellement, la France se situe parmi les pays qui ont le plus
faible taux de mortalité pour chacune des principales affections
cardio-vasculaires.
Trois registres en France (Communauté Urbaine de Lille, départements
du Bas-Rhin et de la Haute Garonne) et un peu plus de 30 dans le monde,
enregistrent de façon exhaustive sur leur territoire le nombre
de nouveaux cas d'infarctus du myocarde survenant chaque année
chez les personnes âgées de 25 à 64 ans. Les premiers
résultats montrent la grande disparité géographique
de la maladie, avec une incidence plus élevée dans les pays
du Nord de l'Europe.
Les données des registres des cardiopathies ischémiques
apprennent aussi que la mortalité hospitalière par infarctus
du myocarde a fortement chuté à partir du milieu des années
80, mais attirent l'attention sur les progrès qui restent à
faire dans la réduction des délais de prise en charge de
ces malades et sur limportance de la prévention primaire.
Parmi les nombreux facteurs de risque reconnus des maladies cardio-vasculaires,
on peut citer le tabagisme, l'hypertension artérielle, lhypercholestérolémie
et le diabète non insulino-dépendant. Certains sont susceptibles
de faire l'objet d'une politique de prévention active.
Plus de 1 300 décès
annuels par maladies cardio-vasculaires ont été enregistrés
dans la Drôme entre 1993 et 1996.
La mortalité départementale
par maladies cardio-vasculaire s est équivalente à
celle de la France, mais on observe une sous-mortalité par
cardiopathie ischémique.
Près de 1 060 Drômois
étaient hospitalisés pour cardiopathie ischémique
ou maladie vasculaire cérébrale dans les centres hospitaliers
du département en 1997.
Indicateurs
Ces
données concernent tous les patients drômois hospitalisés
pendant lannée dans les Centres Hospitaliers de Valence,
Romans-sur-Isère et Montélimar, présentant en diagnostic
principal une cardiopathie ischémique ou une maladie vasculaire
cérébrale.
Une mortalité équivalente
à la moyenne française
Durant les années 1993-1996, le nombre annuel
moyen de décès par maladies cardio-vasculaires était
de 1 319 dans la Drôme : 631 hommes et 688 femmes.
Les taux comparatifs (voir encadré) correspondant à ces
effectifs sélèvent à 377 décès
pour 100 000 personnes chez les hommes et à 234 chez les femmes.
Ces taux ne diffèrent pas significativement des moyennes régionale
et nationale.
Taux
comparatif de mortalité par maladies cardio-vasculaires en 1993-96
Le taux comparatif de mortalité,
ou taux standardisé direct, est défini comme le taux
que lon observerait dans le département si celui-ci
avait la même structure par âge que la population de
référence (ici la population française estimée
au 1er janvier 1995, les deux sexes confondus).
Les taux comparatifs éliminent les effets de structure par
âge et autorisent les comparaisons entre deux périodes,
entre les deux sexes et entre territoires différents.
Sources : INSERM SC 8, INSEE (estimation 95)
Un taux comparatif de mortalité
en hausse chez les hommes
Après une période de baisse, le risque
de décès par maladies cardio-vasculaires tend à
augmenter légèrement chez les hommes dans la Drôme.
Il est passé de 369 décès pour 100 000 en 1991-94
à 377 en 1993-1996. Cette évolution est spécifique
au département. Durant la même période, la taux
comparatif de mortalité observé au niveau national continue
de baisser régulièrement.
Chez les femmes, la diminution du taux comparatif de mortalité
est continue depuis les début des années 1990, dans la
Drôme comme sur lensemble de la France.
Toutefois, lécart entre le taux drômois et le taux
national tend à se réduire.
Evolution
des taux comparatifs de mortalité par maladies cardio-vasculaires
entre 1988-91 et 1993-96
Sources : INSERM SC 8, INSEE (estimations)
Une sous-mortalité par
cardiopathies ischémiques chez les femmes
Les cardiopathies ischémiques -constituées
essentiellement par les infarctus du myocarde- et les maladies vasculaires
cérébrales sont les deux principales causes de décès
par maladies cardio-vasculaires.
A structure dâge identique, la mortalité par cardiopathies
ischémiques chez les femmes est significativement inférieure
dans la Drôme à la moyenne française. La mortalité
par maladies cérébro-vasculaires est en revanche équivalente
à la moyenne nationalepour les deux sexes.
Taux
comparatifs de mortalité par cardiopathies ischémiques et
maladies vasculaires cérébrales en 1993-96
Sources : INSERM SC8, INSEE (estimations)
* Décès dus pour la plupart aux infarctus du myocarde
Les cardiopathies ischémiques
:
première cause de décès par affections circulatoires
chez les hommes
En 1993-1996 on a enregistré chaque année
349 décès par cardiopathies ischémiques dans la
Drôme (dont 58% dhommes). Parmi ces décès,
plus de 86% surviennent après 65 ans. Ces affections se manifestent
surtout à l'âge adulte à partir de 25 ans et la
surmortalité masculine est présente à tous les
âges.
Les taux de mortalité par cardiopathies ischémiques augmentent
avec l'âge, passant de 1 pour 100 000 habitants chez les 25-34
ans à plus de 1 150 pour 100 000 chez les 85 ans et plus.
Taux
de mortalité par cardiopathies ischémiques par âge
et sexe
dans la Drôme (1993-96)
Sources : INSERM SC8, INSEE (estimations)
Les maladies vasculaires cérébrales
:
première cause de décès par affection circulatoire
chez les femmes
En 1993-96, on enregistre 348 décès
annuels par maladies vasculaires cérébrales (dont 57%
de femmes). Près de 92% surviennent après 65 ans.
La différence entre les hommes et les femmes est moins importante
que pour les cardiopathies ischémiques. La surmortalité
masculine est présente à tous les âges.
La mortalité croît également de manière exponentielle
avec l'âge, le taux de mortalité, égal à
1 pour 100 000 habitants chez les 25-34 ans, atteint près de
2 000 pour 100 000 habitants chez les 85 ans et plus.
Taux
de mortalité par maladies vasculaires cérébrales
par sexe et âge
dans la Drôme (1993-96)
Sources : INSERM SC8, INSEE (estimations)
Plus de 1 050 Drômois
hospitalisés pour cardiopathies ischémiques ou maladies
cérébro-vasculaires dans les trois centres hospitaliers
de la Drôme en 1997
Selon les statistiques des Départements dinformation
médicale des Centres Hospitaliers de Valence, Romans-sur- Isère
et Montélimar, ces trois hôpitaux ont suivi environ 560
patients touchés par une cardiopathie ischémique, et près
de 500 patients souffrant dune maladie vasculaire cérébrale. 70% des personnes hospitalisées pour
cardiopathie ischémique et 82% des personnes hospitalisées
pour maladie vasculaire cérébrale sont âgées
de 65 ans et plus.
Les hommes représentent 68% des patients suivis pour une cardiopathie
ischémique.
Les
patients drômois hospitalisés pour affection cardio-vasculaire
dans les Centres Hospitaliers de Valence, Romans-sur-Isère et Montélimar
en 1997
Sources : Départements dInformation
Médicale (DIM) des Centres hospitaliers de Valence, Romans-sur-Isère
et Montélimar
Dernières
données disponibles - période 1997 à 1999