FICHE SANTÉ
réactualisée en octobre 2005 par l'Observatoire Régional
de la Santé (ORS), avec le soutien du Comité d'Hygiène
Sociale et la participation des partenaires
de santé publique de la Drôme.
Le suicide constitue un réel problème de santé publique,
tant par les pertes en vies humaines qu'il provoque que par les problèmes
psychologiques et sociaux dont il témoigne. Le suicide est dailleurs,
avec lalcoolisme, lune des deux priorités arrêtées
par la Conférence régionale de santé de 1996 en Rhône-Alpes.
En France, depuis le début des années 80, les décès
par suicide (11 800 par an en 1993-96) sont plus nombreux que les décès
par accident de la circulation, mais le taux de mortalité par suicide
tend à diminuer. Le nombre de décès par suicide est
probablement sous-estimé du fait d'un défaut de déclaration
par les instituts médico-légaux ou de l'existence de "suicides
cachés" inscrits dans d'autres rubriques de décès,
telles que causes inconnues ou non déclarées.
Il est généralement admis que cette sous-estimation serait
de lordre de 20%.
Les tentatives de suicide ne sont pas systématiquement recensées.
Lenquête de morbidité hospitalière conduite
par le Ministère de la Santé a permis destimer à
164 000 le nombre de séjours pour tentatives de suicides effectués
dans les établissements hospitaliers publics et privés au
cours de lannée 1993. Cette estimation permet de situer le
nombre annuel de nouveaux cas de tentatives de suicide (incidence) dans
un intervalle de 2 à 3 tentatives de suicide pour 1 000 habitants
de 15 ans et plus. Mais il s'agit là d'une estimation minimum,
dans la mesure où un certain nombre de tentatives de suicide ne
sont pas hospitalisées.
Les caractéristiques des personnes qui effectuent une tentative
de suicide diffèrent de celles qui décèdent de suicide
: schématiquement, les premières sont plus souvent jeunes
et de sexe féminin et les secondes âgées et de sexe
masculin.
Les actions de prévention du risque suicidaire restent encore peu
développées, du fait en particulier du tabou qui règne
encore sur ce sujet. La prise en charge hospitalière fait l'objet
dune réflexion spécifique, notamment dans les services
durgence qui accueillent un grand nombre de suicidants, dont près
de la moitié pour une récidive...
Près de 100 décès
annuels par suicide ont été enregistrés dans
la Drôme entre 1993 et 1996, dont 74 chez les hommes.
La mortalité départementale
par suicide est significativement supérieure à celle
de la France pour les hommes et équivalente pour les femmes.
600 Drômois hospitalisés
pour tentative de suicide dans les Centres Hospitaliers de Valence
et Montélimar en 1997.
Indicateurs
Une surmortalité
par suicide chez les hommes
Durant les années 1993-1996, le nombre annuel
moyen de décès par suicide était de 99 dans la
Drôme : 74 hommes et 25 femmes.
Ces effectifs correspondent à un taux comparatif (voir définition
ci-dessous) de 46 décès pour 100 000 chez les hommes et
de 13,6 pour les femmes. La Drôme est en situation de surmortalité
par rapport à la France pour les hommes (taux comparatif de 40,5
pour 100 000 au niveau national), alors quaucune différence
significative nest constatée chez les femmes.
Taux
comparatifs de mortalité par suicide en 1993-96 (pour 100 000 personnes de 15 ans et plus)
Le taux comparatif
de mortalité, ou taux standardisé direct, est
défini comme le taux que lon observerait dans le département
si celui-ci avait la même structure par âge que la population
de référence (ici la population française estimée
au 1er janvier 1995, les deux sexes confondus).
Les taux comparatifs éliminent les effets de structure par
âge et autorisent les comparaisons entre deux périodes,
entre les deux sexes et entre territoires différents.
Sources : INSERM SC 8, INSEE (estimation 95)
* Ecart significatif avec le taux national
Une hausse de la mortalité
chez les hommes depuis 1989-1992
Après une période de baisse, le risque de décès
par suicide chez les hommes progresse dans la Drôme depuis le
début des années 1990. Le taux comparatif de mortalité,
qui était de 36,5 en 1989-1992, sélève à
46 en 1993-1996, soit une augmentation de 26%. Cette évolution
est spécifique au département, le taux comparatif restant
stable au niveau national.
Chez les femmes, on note en revanche une baisse régulière
du risque de mortalité (15,7 décès pour 100 000
en données standardisées en 1989-1992, et 13,6 en 1993-1996).
Evolution
des taux comparatifs de mortalité par suicide
entre 1988-91 et 1993-96
Sources : INSERM SC 8, INSEE (estimations)
Une cause importante de mortalité
chez les jeunes adultes
Pour les deux sexes, la part du suicide dans la mortalité générale
varie fortement avec lâge. - Chez les hommes, la part des décès par suicide
est la plus élevée entre 25 et 34 ans (environ un décès
sur cinq) et entre 35 et 44 ans (24% des décès), classe
dâge pour laquelle les suicides représentent la première
grande cause de mortalité avant les accidents de la circulation.
La part des suicides est nettement moins élevée entre
45 et 54 ans (8%) et descend à 1% à partir de 65 ans.
La part des suicides dans la mortalité générale
est plus élevée dans la Drôme quau niveau
national pour la plupart des classes dâge, surtout les moins
de 45 ans. Cet écart résulte indirectement de la surmortalité
masculine constatée dans la Drôme, qui se concentre particulièrement
dans ces classes dâge. - Chez les femmes, la proportion de suicides sur lensemble
des décès se distribue de manière similaire selon
les classes dâge : de 14% des décès pour les
25-34 ans, elle descend à 8% entre 45 et 54 ans et à 0,4%
à partir de 65 ans.
Nombre
annuel de décès par suicide et pourcentage
sur lensemble des décès par classe dâge
en 1993-96
Source : INSERM SC8
Le suicide représente
près de 16%
des années de vie perdues avant 65 ans chez les hommes
La mortalité par suicide représente
2,6% de la mortalité générale chez les plus de
15 ans dans la Drôme (3,7% chez les hommes et 1,3% chez les femmes).
Du fait de lâge auquel les décès surviennent,
cette cause de décès est toutefois plus importante en
termes dannées potentielles de vie perdue (cf encadré).
Le suicide totalise en effet près de 16% des années de
vie perdue avant lâge de 65 ans chez les hommes et près
de 10% chez les femmes. Dautre part, ce pourcentage tend à
croître pour les deux sexes, ce qui traduit à la fois laugmentation
des suicides chez les personnes jeunes et la diminution de la mortalité
prématurée pour toutes les autres causes (y compris les
accidents de la circulation).
Répartition
en % des années potentielles de vie perdue entre 1 et 64 ans
selon les principales causes de mortalité (1993 à 1996)
Les années potentielles
de vie perdues (APVP) représentent le nombre dannées
quun sujet mort prématurément na pas vécu
avant un âge limite (ici 65 ans). Les décès
infantiles, dus à des causes spécifiques et présentant
une étiologie différente des décès aux
âges supérieurs, sont exclus du calcul. Les APVP sont
présentées ici en pourcentage par cause de décès
: ainsi, en France, 11% des APVP sont dues au suicide chez les hommes.
Source : INSERM SC8
600 Drômois hospitalisés
pour tentative de suicide
dans les Centre Hospitaliers de Valence et de Montélimar
en 1997
Environ 600 Drômois ont été hospitalisés
dans les Centres Hospitaliers de Valence et de Montélimar en
1997 suite à une tentative de suicide. La répartition
par sexe et âge de ces suicidants est très
différente de celle observée chez les personnes décédées
suite à un suicide. Les femmes y sont majoritaires (425 tentatives,
soit 71% du total), et les personnes âgées très
minoritaires (5% des patients).
Les
Drômois hospitalisés pour tentative de suicide
dans les Centres Hospitaliers de Valence et Montélimar en 1997.
Ces données concernent tous
les patients drômois hospitalisés pendant lannée
suite à une tentative de suicide dans les Centres hospitaliers
de Valence et Montélimar.
Sources : Départements dInformation Médicale
(DIM) des Centres hospitaliers de Valence et Montélimar
Fil Santé
Jeunes
de 8h à 00 h appels anonymes et gratuits
Tél. : 0-800-235-236
Croix-Rouge Ecoute
Tél. : 0-800-858-858
Point Relais Oxygène
lieu découte, de parole et de dialogue adolescents,
parents, professionnels
13, rue Jonchère
26000 VALENCE
Tél. : 04-75-42-05-54
La Parenthèse
Lieu découte pour parents et adolescents
Service Communal dHygiène et de Santé de Romans
(S.C.H.S.)
Espace Santé
42, rue Palestro B.P. 321
26107 ROMANS-SUR-ISERE
Tél. : 04-75-70-82-66 Fax : 04-75-70-82-72
Association Drômoise dEducation pour la Santé
(A.D.E.S.)
Coordinatrice départementale du dispositif de prévention
36, bis rue de Biberach
26000 VALENCE
Tél. : 04-75-78-49-02 Fax : 04-75-78-49-05
Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales
Rhône-Alpes (D.R.A.S.S.)
Inspection Régionale de la Santé (I.R.S.)
Coordinateur du Programme Régional de Santé Suicide
(P.R.S. Suicide)
107, rue Servient
69418 LYON CEDEX 3
Tél. : 04-72-34-31-32
Site : http://www.rhone-alpes.sante.gouv.fr